Travailler, c'est trop dur !

Publié le par Diogène

Je vais encore me faire des amis là…Non, non, ce n’est pas l’éloge de la paresse dont je veux faire l’apologie, mais simplement d’une meilleure redistribution du travail et des loisirs dans notre quotidien !

Comme le disait Coluche : « Le travail c’est une maladie. La preuve, c’est qu’il y a une médecine du travail ! ». Maladie, je ne sais pas…quoique. En tout cas, c’est surtout un gros fourvoiement dogmatique, ça c’est certain ! Regarde un peu l’Histoire ! Le concept de civilisation est né au moment où une minorité dominante a forcé la majorité à travailler pour elle. Avant cela, le travail se faisait ensemble, pour le bénéfice de la communauté dans son entier ; on allait chasser ensemble, il y avait un rôle dévolu à chacun. Les vieux, les malades étaient pris en charge par tout le monde, l’indigence n’existait pas.

Le profit (oh quel mot vulgaire !), qu’il soit pécuniaire ou physique a mis fin à cela. Rajoute par dessus le principe monothéiste qui dit que l’oisiveté est mère de tous les vices et qui a ainsi institutionnalisé l’exploitation humaine et tu as la base sur laquelle on a inculqué, le plus souvent de manière forcée, le fait qu’il est « normal » de peiner.

Et pourtant ! Ce n’est pas irrémédiable, il suffirait de peu de choses pour revenir à une conception plus « naturelle » cette fois du labeur. Je voudrais m’appuyer sur les propos de Bertrand Russell pour rallumer la flamme révolutionnaire que tu as tout au fond de toi…si, si, là-bas…au fond, tu sens ?

Dans son essai intitulé « Eloge de l’oisiveté », Russell démonte le mensonge toujours en cours et démontre qu’il peut être abandonné au profit de la vérité pour la plus grande gloire du genre humain, amen ! Je lui laisse la parole, les italiques sont de lui, tu jugeras.

«… j’en suis venu à penser que l’on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu’il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels…qu’est-ce que le travail ? Il existe deux types de travail : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière…le second, à dire à quelqu’un d’autre de le faire. »

« La technique moderne a permis au loisir, jusqu’à un certain point, de cesser d’être la prérogative des classes privilégiées minoritaires pour devenir un droit également réparti dans l’ensemble de la collectivité. La morale du travail est une morale d’esclave, et le monde moderne n’a nul besoin d’esclavage. »

Comme je te le disais au début, « c’est par la force brute que la majorité fut contrainte de produire un surplus et de s’en démunir. Peu à peu cependant, on s’aperçut qu’il était possible de faire accepter à bon nombre d’entre eux une éthique selon laquelle il était de leur devoir de travailler dur, même si une partie de leur travail servait à entretenir d’autres individus dans l’oisiveté. » Et oui mon gars ! Tout est là ! C’est sur cette notion de devoir (envers son seigneur, son monarque, son dieu ou son patron) qu’on s’est employé à éradiquer toute tentative d’émancipation afin « afin d’amener les autres à consacrer leur vie aux intérêts de leurs maîtres plutôt qu’aux leurs. »

Le vice, c’est qu’après tous ces siècles de bourrage de crâne, « ceux qui détiennent le pouvoir se masquent cette réalité à eux-mêmes en se persuadant que leurs intérêts coïncident avec ceux de l’humanité tout entière. »

Ensuite, Russell expose sa théorie : « supposons qu’à un moment donné, un certain nombre de gens travaillent à fabriquer des épingles. Ils fabriquent autant d’épingles qu’il en faut dans le monde entier, en travaillant, disons, huit heures par jour. Quelqu’un met au point une invention qui permet au même nombre de personnes de faire deux fois plus d’épingles : les épingles sont déjà si bon marché qu’on n’en achètera guère davantage même si elles coûtent moins cher. Dans un monde raisonnable, tous ceux qui sont employés dans cette industrie se mettraient à travailler quatre heures par jour plutôt que huit, et tout irait comme avant. Mais dans le monde réel, on craindrait que cela ne démoralise les travailleurs. Les gens continuent donc à travailler huit heures par jour, il y a trop d’épingles, des employeurs font faillite, et la moitié des ouvriers perdent leur emploi…Comme il n’existe pas de contrôle central de la production, nous produisons énormément de choses dont nous n’avons pas besoin. Nous maintenons une forte proportion de la main-d’œuvre en chômage parce que nous pouvons nous passer d’elle en surchargeant de travail ceux qui restent. »

Bon, je t’entends déjà hurler « mais comment on va financer tout ça ? Etc. Eh ! Oh ! Russell et moi on jette la théorie là, partons de cette idée et voyons comment on peut l’appliquer. Y a des énarques et des polytechniciens qui vont bien nous pondre quelque chose sur le sujet !

Au niveau du bourrage de crâne, on atteint des sommets quand on en arrive à des situations paradoxales comme cet exemple « Les gens sérieux, par exemple, condamnent continuellement l’habitude d’aller au cinéma (Russell a écrit cela en 1932, c’est transposable en remplaçant ciné par télé ou jeux vidéos), et nous disent que c’est une habitude qui pousse les jeunes au crime. Par contre, tout le travail que demande la production cinématographique est respectable, parce qu’il génère des bénéfices financiers…De façon générale, on estime que gagner de l’argent, c’est bien, mais que le dépenser, c’est mal. »

« Dans un monde où personne n’est contraint de travailler plus que quatre heures par jour » chacun pourra donner libre cours à ces aspirations et « surtout, le bonheur et la joie de vivre prendront la place de la fatigue nerveuse, de la lassitude et de la dyspepsie. Il y aura assez de travail à accomplir pour rendre le loisir délicieux, mais pas assez pour conduire à l’épuisement…La bonté est, de toutes les qualités morales, celle dont le monde a le plus besoin, or la bonté est le produit de l’aisance et de la sécurité, non d’une vie de galériens…Nous avons choisi à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n’y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment. »

Voilà ! C.Q.F.D. ! et comme disait Lennon :

« You may say I’m a dreamer, but I’m not the only one, I hope someday you’ll join us, and the world will live as one.”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 A Tchao !

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Publié dans Humeurs

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N
Désolé Jacques, mais je réfute toute connotation biblique ! (c'est pour ça que je me suis fait débaptiser) La plupart de nos emmerdes découlent de ce qu'auraient dit des bédouins il y a très longtemps...Je maintiens que dans une société avancée, le travail peut et doit être équitablement distribué à tous les acteurs d'une société. Plus il y en aura et moins grande sera la charge de chacun !
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J
Bonjour,<br /> Pas besoin d'aller chercher cet excellent Bertrand Russell! Moïse suffit.<br /> "Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front". C'est écrit quelque part dans la Bible mais je ne sais pas où...<br /> Donc, il y a eu des petits malins qui, après avoir réfléchi (pas très longtemps, ce n'est pas nécessaire), ont conclu qu'il était plus simple de gagner sa vie à la sueur du front des autres... Pas bêtes!
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K
Nico repasse au Rouge va!!!
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A
c'est clair que le mouffetarte, il est un peu stressé quand même...décidemment nico, tu les attires, les psychopathes! :)
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N
Vous vous turlupinez le cervelet pour pas grand chose...ce que je voulais dire c'est que les civilisations sont nées quand un ou des empaffés se sont donnés le droit de faire bosser les autres à leur place !<br /> KCA: ben quoi, tout le monde me prenait la tête avec le rouge...j'ai rajouté des couleurs. Ca rend mieux et en plus le noir c'est la couleur de l'anarchie !!!
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