O tempora O mores !
Salut mon canard !
Bon, en fait je comptais pondre quelque chose sur les superstitions nippones, mais j'ai été un peu débordé et je n'ai pas encore eu le temps d'organiser tout ça bien comme il faut dans ma tête. Eh oui, sache pour ta gouverne que je me mets en quatre pour toi afin que tu aies ton pain littéraire hebdomadaire ! Je pense à un sujet, je le cogite un peu, je vais à la pêche aux infos et/ou aux photos puis j'écris d'abord un brouillon avant de balancer ça sur la toile. C'est que je respecte mes lecteurs moi !
Bon, bref, aujourd'hui, je te balance un article que j'avais écrit il y a quelque temps pour l'Artmaniaque, webzine culturel auquel je participe de temps en temps. Bon, c'est plutôt branché culture et tu remarqueras que je n'ai pas le "même ton" qu'avec toi, mais, ça ne veut pas dire que ce n'est pas interressant pour autant ! Donc, voilà, je te laisse apprécier, tu me diras ce que tu en penses et, de toute façon, je te retrouve, promis-juré, la semaine prochaine avec du 200% Niconippon !
La fin du vingtième siècle a vu l’avènement de la puissance productrice du Japon en terme de culture populaire à une vitesse encore jamais atteinte. Pour les presque quarantenaires, cette « invasion » a débuté avec des dessins animés cultes tels que « Le Roi Léo » et surtout « Goldorak ». Ensuite, la source ne s’est pas tarie avec tous les avatars de « Candy » ou des « Chevaliers du Zodiaque ». Je reste stupéfait en constatant, lors de mes venues régulières en France, l’omniprésence des productions japonaises chez les jeunes. Le nombre de points de vente spécialisés en mangas a crû exponentiellement et nombre de jeunes apprennent dorénavant le japonais afin de pouvoir satisfaire leur boulimie en version originale !
L’essor des jeux vidéos tout droit sortis de l’imagination fertile des Otaku nippons est un autre signe révélateur. Qu’il semble loin le temps du bon vieux « Pacman » ou des « Space Invaders » ! 3D, effets spéciaux, interactivité, qualité du scénario et précision des du dessin sont la règle. Penser que des jeux vidéo sont à l’origine de productions cinématographiques me laisse pantois. Lara Croft a de beaux jours devant elle ! Que de chemin parcouru également pour les grands-pères tranquilles « Mario et Luigi » qui restent encore des best-sellers !
Vivant au Japon depuis plus de 12 ans, je reste fasciné par l’attrait que ce pays a sur des centaines de millions d’individus de par le monde…Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe dans la blogosphère pour s’en convaincre, le nombre de blogs ayant un rapport avec l’univers des mangas ou des animés est simplement prodigieux ! Je ne m’étendrai pas sur ce sujet que je ne connais absolument pas, je suis de la vieille école de la BD belge et de l’île aux enfants et le graphisme des mangas ou la violence des animés m’empêche de vraiment apprécier le phénomène, sinon en témoin passif. Par contre, je suis ébahi devant la connaissance des jeunes Français en matière de J-Pop ! Inouï ! Là encore, des milliers de blogs traitant du dernier disque de Yamazaki Ayumi, L’Arc en Ciel ou Glay…
Outre la productivité nippone pour tout cela, la liste ne serait pas complète si je ne faisais pas référence au cinéma japonais. Là aussi, c’est le tsunami ! Quand on considère que le cinéma nippon a vraiment fait ses débuts en Occident avec « L’Empire des Sens » - alors que ce film a été censuré ici et n’a pas connu le même succès – il y a trente ans, on ne peut qu’applaudir l’archipel qui exporte son cinéma tous azimuts. Après Ozawa ou Kurosawa, Kitano Takeshi prend la relève. L’apothéose de ce succès étant pour moi le remake de films japonais par les Américains. Que ce soit « Shall we dance » ou « The Ring », le fait qu’Hollywood rachète les droits est la preuve que quelque chose se passe à l’Est. Citons aussi, dans les films qui méritent d’être vus : « Tokyo Pop », un film de 1985 ou, plus récemment « Daremo shiranai », plus connu sous son titre anglais : « Nobody Knows ».
Mais le Japon n’est pas seul sur ce coup là ; la concurrence du cinéma chinois est rude mais ne fait que renforcer cette réalité : la culture du 21ème siècle viendra de l’Est. Les productions chinoises sont aussi d’une qualité irréprochables. Des œuvres comme « The road home » qui lança la belle Zhang Ziyi, actuellement à l’affiche dans « Les mémoires d’une Geisha », sur la scène internationale, « Adieu ma concubine » ou plus récemment « Crouching Tiger, Hidden Dragon », « Hero » ou bien « The house of Flying daggers » sont d’une qualité exceptionnelle ! On est très loin des bons vieux Bruce Lee ou autres fadaises produites par Hong Kong.
Dernier né mais très prometteur, le cinéma coréen. Depuis la fin de la dictature dans la péninsule, les jeunes réalisateurs se donnent de plus en plus de libertés avec une censure toujours présente et des talents comme Park Chon-won commencent à faire parler d’eux à l’étranger. Patience et vous verrez !
Sur ce, je crois que je me fais vieux, je vais aller lire un Tintin !
Allez, à Tchao !
