Pulsions Meurtrières...

Publié le par Ho Chi Min

Moi qui suis un pacifiste convaincu, exempté P-4 qui plus est, j’ai des montées de sèves qui me donnent des envies de meurtre…La dernière fois que ça m’est arrivé, c’était en allant acheter un nouveau maillot de bain  pour ma fille (celui qu’elle avait avant ayant été l’objet de jeu d’un joli labrador nommé Elvis et qui l’a mit à mal…) qui reprenait les cours de natation avec l’école.

Nous voilà donc partis, ma femme, ma fille et moi pour Ikebukuro, grand centre de Tokyo au même titre que Shinjuku ou Shibuya, un samedi après midi…erreur grave ! Dès la sortie du métro, nous voilà projetés dans une foule immense et bigarrée (non pas ethniquement…c’est plutôt uniforme ici, mais plutôt au niveau des différentes tranches d’âge et d’accoutrements), marchant dans tous les sens, pas à la même vitesse, bref dans l’anarchie la plus totale ! Au secours ! Déjà, je commençais à ressentir des frissons incontrôlables, automatiquement, j’ai relevé les coudes, façon F-16 prêt à attaquer, et j’ai suivi les filles jusque dans le magasin.

Arrivée devant les ascenseurs, sans heurts, nous attendîmes patiemment qu’un des trois en activités daigne arriver à notre niveau – bien sûr, au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient, de nouvelles personnes commençaient à s’agglutiner autour de nous – pour monter dedans et nous rendre à l’étage adéquat. Inutile de te dire que le trajet, aussi bref soit-il, fut pour moi une autre épreuve, je me suis retrouvé scotché contre l’une des parois de l’engin jusqu’au terminus ! Le métro aux heures de pointe en plus confiné…

Arrivée à l’étage, ma femme a eu la bonne idée de vouloir d’abord aller voir à l’étage des enfants…descente par l’escalator cette fois, et recherche d’un stand vendant des maillots de bain alors que tous présentaient leurs collections d’automne ! Allers et retours entre les boutiques, et résultats infructueux. Nous sommes donc retournés à l’étage d’où nous venions, slalomant entre les couples accompagnés de leur progéniture hurlante, re-escalator et  recherche du stand vendant lesdits maillots.

Sortis des maillots pour vielle-tata-qui-pique ou pour nageuse olympique, c’est pas la joie côté choix ! Un tout petit rayon de rien du tout pour les enfants…une vingtaine de modèles, tous sexes confondus, et des prix…pharaoniques ! Il faudra qu’on m’explique un jour pourquoi les fringues de gosses sont plus chères que celles des adultes ! Je ne comprends pas, il faut moins de tissu pourtant !

On regarde, on discute (c’est qu’elle a des goûts très arrêtés ma fille…) et ma femme décide d’aller comparer avec un autre grand magasin. Noooooooooooooon ! Je sens mon sang bouillir dans mes veines bretonnes, il va falloir retraverser le chaos anarchique qui sépare les deux magasins et qui a la bonne idée d’être en plus le point de connexion de plusieurs lignes de métro et de train…Je serre les poings et je suis les filles.

Je choisis le regard 173 bis qui lance des éclairs si vifs qu’ils te transpercent le cerveau avant même que tu ais pu te gratter la couille gauche. Nous traversons, c’est Dien Bien Phu en pire, arrivons dans l’autre magasin, reprenons l’ascenseur ultra bondé pour atteindre le bon étage et j’ai la désagréable surprise de constater qu’il nous faut traverser tout celui-ci pour atteindre le secteur « sport »…Affreux ! Verdun, la Somme, le Débarquement de Normandie à côté, c’était de la rigolade ! Si, je t’assure, ils ont eu la bonne idée de nous faire traverser d’abord le rayon jeux et jouets pour gamins puis, comme si ça ne suffisait pas, ils ont placé une nouvelle boutique, toute neuve, en plein milieu du chemin ! Et comme c’est nouveau et le week-end en plus, c’était blindé ! Du corps à corps pour se dégager et se frayer un passage !

Rescapés de l’horreur, nous arrivons enfin au camp de base…euh, je veux dire au rayon maillots de bain, et là…bien sûr, eh bien il n’y avait rien qui convenait à ces dames ! Arghhh !

Ma femme, qui s’est entre temps aperçu de mes souffrances, me lance un regard désolé mais convaincu et m’annonce qu’on va retourner d’où l’on vient pour acheter un maillot dans le premier magasin !

C’est à bout de forces que je suis arrivé à la maison – les filles étaient pimpantes - où je me suis immédiatement affalé sur le canapé pour n’en plus bouger, non s’en m’être d’abord juré de ne JAMAIS plus aller dans un grand magasin un week-end. J’ai droit à une médaille du mérite là, non ? Ben j’ai réussi à ne tuer personne quand même…

En tout cas, merci Elvis !

A Tchao !

Publié dans nipponeries

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Ujenny 09/10/2005 12:47

empooorrrrrtéééé parrr la foule....
Ca c'est la dimension qui fait peur au gens agoraphobes comme moi qui ont envie d'aller visiter, voir visiter pendant quelques années consécutives, le Japon... Quand je pense que j'ai cru mourrir à la braderie de Lille...

DOLL 06/10/2005 10:37

Quand j'irai au Japon, je me ferai un plaisir d'amener mon cheri un samedi apres midi faire du shopping. Comme ca il comprendra a quel point c'est dur héhé

Marcel 04/10/2005 11:36

Bon, a moins que tu aimes partager ce genre de moment intime avec ta douce, je te conseil de ne plus participer a ce genre d’activité familiale a moins que tu ai toi-même quelque chose a acheter. C’est simple, la mienne refuse que je vienne avec elle maintenant. Les fois précédentes ou elle me saoulait pour que je vienne, J’ai tellement râlé, pesté, pleuré, gueulé contre les tous les magasins, vendeuses, modes, maux de ce mode, couleurs du ciel… que aujourd’hui je suis tran-qui-lle. Et en plus elle me remercie de rester a la maison car elle peux faire son shopping sans que je la stress ;-)