L'avenir est un long passé...

Publié le par Jean Naimarre

Non, non, je ne vais pas mettre les paroles de la chanson (très bonne d’ailleurs) de Manau, mais ça fait plusieurs jours que je surfe sur quelques blogs dont les articles parlent politique, et comme la campagne des municipales à Tokyo a commencé, je me dit que c’est vraiment d’actualité.

 Tu sais que la constitution nippone a été écrite par les oneagain lors de l’occupation après la capitulation sans conditions du Japon (ça en fait des « on »…), je passerai sur les détails nombreux que je ne connais pas, mais le truc qui me concerne maintenant, c’est la façon de mener les campagnes électorales…

 Depuis JFK, mais surtout depuis la campagne présidentielle américaine de 1968, qui opposait Nixon au candidat démocrate Humphrey, les médias ont commencé à jouer un rôle prépondérant dans la politique américaine. Avant cela, les candidats allaient d’état en état, en train ou en avion et délivraient des speechs rapides, sur le tarmac de la piste ou bien dans les gares, depuis leur wagon. C’est ce système qui était en cours en 1945 en tout cas, et c’est ce système qui a été appliqué au Japon vaincu.

 Depuis lors, à chaque élection, tu as des myriades de camionnettes, plus ou moins petites selon les ressources du candidat, qui défilent dans les rues des cités nipponnes, de gros haut-parleurs sur le toit qui hurlent le nom du candidat ; à l’intérieur d’icelles, Ze candidat avec ou sans sbires (selon ses moyens toujours), armé(s) de gants blancs et d’un microphone.

 Ils défilent et paradent dans chaque ruelles, hurlant leur nom et quelques grands points de leur campagne (toujours les mêmes, ils vont toujours refaire le monde…), et déambulent ainsi de station de métro en station de train. Devant ces stations, le spectacle commence : le candidat, un haut-parleur sous le bras et un micro dans la main expose son programme pendant que les badauds vaquent à leurs activités ou s’en vont tout simplement travailler. Eh oui, personne n’écoute ! Il n’y a guère que lorsqu’il s’agit de ténors de la politique nationale que la foule s’agglutine et écoute. Enfin, écouter est un grand mot, c’est plus pour voir telle ou telle personnalité, éventuellement pouvoir lui serrer la pince, qu’ils restent là.

 Les Japonais n’aiment pas trop le changement, c’est une des grandes raisons qui fait que c’est le même parti au pouvoir, quasiment sans interruption, depuis 60 ans… Pourtant, l’opposition existe ! Elle existe même au sein du parti majoritaire ! Il y a de la dissidence chronique, des différends entre générations et des querelles de clocher. Le truc, c’est que comme la situation n’a cessé d’empirer depuis le bon vieux temps de la Bulle, les électeurs commencent à acquérir un semblant de conscience politique, et manifestent leur mécontentement en votant pour les outsiders, les communistes et les sans étiquettes. Y a de la rumba dans l’air !

 Tiens, en parlant de Communisme, et pour en venir à la deuxième partie de cet article, au Japon comme ailleurs, il faudrait que le parti communiste change de nom pour gagner des voix. Les gens font automatiquement et trop facilement l’amalgame avec Stalinisme, Trotskisme, Marxisme et autre Maoïsme ou Castrisme. Pourtant, idéalement et idéologiquement parlant, le communisme est une belle doctrine qui n’a rien à voir avec ce qui en a été fait. C’est vrai, « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » est un message d’espoir sur une planète où règnent en maître l’égoïsme et la compétition. Mais 5000 ans de monothéisme, dont 2000 ans de judéo-christianisme, prônant la soumission à l’obéissance et récusant l’intelligence et le bon sens ont laissé une marque dans la pensée humaine contemporaine, dans la façon de régir, dans la façon d’appréhender l’autre qui sera difficile (mais pas impossible) à effacer.

 La classe politique, soutenue en ça par le Capital, se complaît dans ce maintien du status quo qui l’arrange et la fait vivre. Pour reprendre les mots de Michel Onfray dans son traité d’athéologie, applicable également pour la masse amorphe et servile qui réfute la pensée, relègue le débat idéologique, au profit d’un confort débile, « l’antique invite de la Génèse à ne pas vouloir savoir, à se contenter de croire et d’obéir, à préférer la Foi à la Connaissance, à récuser le goût de la science et à célébrer la passion pour la soumission et l’obéissance ne contribue pas à rehausser le débat (…) cette déperdition d’informations, cette soumission à l’obéissance plus qu’à l’intelligence vident la politique (l’italique est de moi) de ses contenus authentiques pour ne plus produire qu’une pâle vulgate vaguement susceptible d’être accommodée à toutes les sauces métaphysiques et sociologiques… »

 Le Politique le sait bien et s’en sert ; c’est flagrant maintenant dans les pays développés où un retour à l’ordre et à la répression se remet en place. Aurions-nous oublié 1933 ? Est-ce que Vichy dit quoi que ce soit à quelqu’un ? Quand on en vient à légiférer pour punir ceux qui  sifflent la Marseillaise, on est de retour en 68…1968 à Chicago lors de la convention démocrate, lorsque Abbie Hoffman s’est fait arrêté et juger pour outrage à la nation pour avoir porté une chemise imprimée avec le drapeau américain. 1968 en France également, lorsque De Gaulle, dans sa mégalomanie, a ressorti à tout bout de champ une loi du 19ème siècle qui punissait d’une forte amende et d’une peine de prison quiconque manquait de respect envers le chef de l’état…je me dis qu’on a rien appris ! C’est Nuremberg pour le show ! On se cristallise sur les effets sans oser regarder les causes en face. Résultat : Etat policier, répression, refus du dialogue, ultra conservatisme et haine de l’autre.

 Je re-cite Onfray en disant qu’il n’est « pas utile de mettre sur pied une ontologie (cherche dans le dico !) de la récompense et de la punition (…) pour inviter à l’action bonne, juste et droite » mais qu’il faut bâtir « une éthique sans obligations ni sanctions transcendantes ».

 IL EST INTERDIT D’INTERDIRE ! ça ne te dit rien ? Demande à tes parents, et demande-leur aussi pourquoi ils ont eu peur du changement. Pourquoi les baby-boomers qui se sont bien éclatés, soit dit en passant, prônent maintenant le retour au même style de société contre laquelle ils sont descendus dans la rue à l’époque ?

 Assez d’égoïsme. Il y en a assez pour tout le monde sur cette putain de planète sans qu’on soit obligé de s’entre-déchirer pour l’obtenir.

 Je ne prétends pas détenir la solution, ma voie n’est pas la meilleure, elle est juste différente et mérite, au même titre que d’autres, de s’y arrêter et d’y réfléchir. Assez de mensonges, de démagogie bon marché, assez de misogynie, la transparence ici et maintenant ! Dans tout ! Je propose que toutes les informations salariales soient affichées dans les entreprises, au vu et au su de tous afin que la parité et l’égalité soient respectées. Je propose que toutes les étiquettes de prix aient un double affichage, le prix de vente et le prix de revient en évidence. Il est évident qu’un artisan ou un commerçant puisse avoir une marge pour vivre, je demande juste qu’elle ne soit pas indécente. Je propose que la classe politique ne puisse pas cumuler les mandats (et les avantages…), et qu’il y ait au moins un intervalle d’un mandat avant de se représenter ; les magouilles électorales cesseront alors peut être. Je demande que soient supprimés tous les avantages des politiques ; fini les cigarettes hors taxe à la buvette de l’assemblée ! Je demande qu’on cogite un peu plus sur la façon de consulter le peuple directement, en utilisant les moyens informatiques. Etc, etc.. La liste est loin d’être exhaustive.  

 

Bon, j’arrête là sinon je vais devoir prendre le maquis parce que j’ai le sang qui bouille !

 A Tchao !

Publié dans Humeurs

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David Sarrado 10/10/2007 13:19

Ah, la vache !!Il l'a fait !!Tu as droit à ma reconnaissance et éternelle !Et bien sûr le cadeau en prime.La bise, l'ami.

Fredogino 18/07/2006 11:12

T'étais énervé, là? Le coup de l'affichage des salaires, très bien. Les prix aussi d'ailleurs. Pour les cigarettes, à l'assemblée nationale je sais pas, mais au Sénat elles sont taxées.

Nicolas 18/07/2006 12:19

ça serait bien si tu pouvais vérifier ça. T'as pas un pote au Palais Bourbon ?

JACK THE RIPPER 01/07/2005 02:48

Tu ecrit "Pourtant, idéalement et idéologiquement parlant, le communisme est une belle doctrine qui n’a rien à voir avec ce qui en a été fait"

Une phrase que je dis souvent aussi :)

amelichan 30/06/2005 07:42

fot de frap : "t'as peuR..."

amelichan 30/06/2005 07:42

t'as peut des proces en diffamation??
remarque avec lui, c fort possible..Il risque meme de faire passer ses frais d'avocat en notes de frais!! hiihi