Allons, allons ! Réveillon !

Publié le par Mr Sylvestre

Bonne Année mon canard ! Je dis mon canard parce que si je t'appelle "mon chien", même si c'est l'animal zodiacal de l'année, j'ai peur que tu le prennes mal... Alors, laisse-moi te raconter un peu comment ça s'est passé pour moi ces fêtes !

Bien avant la fin du mois de décembre, ma blonde avait déjà commencé à co-organiser quelque chose avec la femme d'un copain (elles sont vraiment super les nanas, si ça avait été mon pote ou moi, on en serait encore à se demander où aller...). Elles ont donc convenu que nous passerions une soirée entre copains, tous ex GOs du Club, quelque part en dehors de Tokyo. La synergie féminine aidant, tout fut donc décidé et organisé pour aller passer la St Sylvestre dans un petit hôtel au bord de la mer à Chiba - côté Pacifique, pas côté Baie de Tokyo - avec onsen. Au premier abord cela semblait sympa, Chiba n'est pas loin de Tokyo, et ça fait toujours du bien de sortir de cette ville tentaculaire, mais, à l'arrivée, les choses ont été un peu moins idylliques que prévues...

Les filles avaient fixé le rendez-vous à la gare de Tokyo - je ne sais pas si tu connais mais...hein ? Tu ne connais pas ! Eh bien c'est tout simplement l'une, si ce n'est LA plus grande gare du monde ! - alors là je dis heureusement que ma biscotte connaissait l'endroit sinon j'y serais encore ! On retrouve les copains, le temps d'aller acheter de quoi se substanter pendant le voyage (inouï, les Japonais, même s'ils sortent de table, bouffent dès qu'ils sont dans un bus ou un train !), bentô et bières, et nous voilà partis pour prendre le bus. Sauf que le bus...eh bien il était plein ! Impossible de voyager comme ça...Eh non ! On n'avait pas réservé...Mais ce n'est pas grave, on ne s'est pas laissé aller et nous avons opté illico pour le train. Re-traversée à l'envers de la gare de Tokyo, plus chargés que la première fois pour cause de paniers-repas et de bibines, zigzagant entre les milliers de pélerins ayant aussi décidé de partir au dernier moment et on arrive enfin sur le quai.

Après une petite heure d'attente, nous nous retrouvons enfin assis comfortablement et commençons à picorer (parce que picoler, on avait déjà entamé...). La ville défile à la fenêtre, interminable succession de maisonnettes et d'immeubles, les premières usines apparaissent vers la périphérie et, plus d'une heure après le départ, enfin, la campagne ! Le voyage continue, déjà la bière fait son effet et, le balancement rythmé du train aidant, les copains somnolent. Au bout d'un moment on apperçoit enfin la mer, le long des golfes...pas très clairs. C'est bientôt le terminus, tout le monde descend !

Arrivée à Tateyama, même pas le temps de s'en fumer une petite qu'il faut immédiatement monter dans un bus local pour aller jusqu'à notre destination finale: Awakamogawa. 20 minutes debout dans un bus bondé c'est pas la joie...mais bon, c'est les vacances ! Nous arrivons enfin à destination et contemplons la magnifique gare routière du bled en attendant que l'hôtel nous envoie une fourgonnette pour nous chercher.

Sans médire (tu me connais...), pour ceux qui trouvent que la Côte d'Azur c'est bétonné, je leur conseillerais de venir voir ici ! Déjà que les plages nipponnes ne sont pas franchement très belles, le littoral a été décimé par la folie immobilière locale ! Et si encore il y avait une certaine harmonie commune, mais non...nada ! C'est l'anarchie la plus totale ! Tu construis comme tu veux, dans la couleur que tu veux. Notre hôtel, datant de la fin des années soixante-dix, avait même des espèces de tours de guêt pour faire plus...plus quoi au fait ?

Check-in, une employée tout droit sorti d'un film italien des années soixantes, débordant de maquillage de toutes les couleurs nous mène cahin cahan jusqu'à nos chambres. On avait pris ce qu'il restait (je te rappelle que tout était blindé pour cette époque de l'année...), soit deux chambres pour sept personnes. Ma tendre moitié partagerait la chambre avec lits avec le fruit de nos entrailles et le reste de l'équipe dormirait dans la chambre à tatami, sur des futons.

Epuisés mais heureux d'être enfin arrivés, nous sommes allés tout de suite au onsen de l'hôtel. Ah, voilà une chose qu'elle est agréable ! Là, il n'y a pas photo, le onsen c'est le bonheur ! Je rappelle au lecteur béotien qui croit toujours qu'on parle chinois au Japon qu'un onsen c'est une source thermale dans laquelle on se baigne. La bienséance veut qu'on se lave d'abord avant de rentrer dans l'eau. Mais une fois dans l'eau, c'est le panard ! 45 degrés, c'est idéal...

Lavés, reposés, il est déjà l'heure de se restaurer. Contrairement à un ryokan, auberge typique japonaise, l'hôtel ne proposait que des formules avec buffet. Nous voilà donc débarquant dans une salle immense et remplie de pré-vieux et de pré-vieilles, de familles avec leurs enfants hurlants, essayant de trouver une table pour sept personnes. Chose faite, nous sommes donc partis remplir nos assiettes (à tour de rôle pour ne pas se faire piquer la place !). Bon, ben, pas terrible la bouffe !

Repus, nous redescendons dans les chambres et discutons en attendant les douze coups de minuit (il n'y avait pas de temple à proximité, donc pas de gong). On re-grignotte tout en buvant, et à minuit, on fait péter une bouteille de roteuse. Bonne Année ! On en redescend une autre pour fêter l'anniversaire d'un des copains et...les sobas arrivent ! Quoi t'est-ce ? Il faut vraiment tout t'expliquer ! Les sobas, ce sont des nouilles à la farine de sarrazin qu'on mange traditionnellement à ce moment, comme la soupe à l'oignon chez toi, quoi. Pourquoi des nouilles ? Pour se souhaiter une longue vie. Beurp ! Oh pardon ! Désolé j'ai trop mangé...

C'est donc l'estomac prèt à exploser et la glotte baignant presque dans le champagne que nous nous sommes couchés, épuisés mais heureux. Au bout de 10 minutes, ça ronflait sec ! Réveil à 8h00 le lendemain pour le petit déj (encore manger ???) non sans être repassé une nouvelle fois par le onsen. Onsen du matin: câlin ! On s' habille, on ferme les sacs et on va à la réception où avait lieu une démonstration de préparation de mochi. Mais, si, tu sais, le truc infernal qui tue chaque année ! Tout l'hôtel était présent...dans une déco très kitch, des types tapent à tour de rôle avec des grands maillets sur du riz, pendant qu'un autre bonhomme tourne icelui en faisant très gaffe de ne pas se faire écraser les mains. Une fois fini, ils proposent à l'audience d'en manger, assaisonné de radis râpé au soja...euh...non merci, je sors de table là !

Check-out à 10h00, le bus de retour (directement jusqu'à Tokyo cette fois) n'est qu'à midi. On s'affalent sur les canapés de la réception et on continue à refaire le monde en attendant. Trois heures de voyage retour, grosse séance de ronflette pendant le trajet, et nous revoilà dans la capitale. Beaucoup moins de monde que la veille cette fois ! Comme il n'est pas tard, nous partons donc chez un des copains pour...manger. Bonne soirée, arrosée, j'ai pris 3 kilos en 2 jours ! Retour attendu à la maison, la boîte aux lettre est remplie de nengajoo. Allez ! vite ! au dodo...

A Tchao !

Publié dans nipponeries

Commenter cet article

jeanyves et isa 09/01/2006 19:18

c'est bizarre mais ça ne me fait pas trop envie.... moi...je vois les vaches par ma fenetre et le pilat enneige...c'est bien.. gros biosus a toute ta famille

Youk 09/01/2006 08:38

Salut Nico.
Est-ce que, par hasard, ta résolution d'écran ne serait-elle pas 800 x 600 ?
Amicalement, Youk

Ujenny 07/01/2006 14:39

Rah lala, les traditionnels 3 kilos des fêtes... Jte laisse, j'ai une soupe qui m'attend...

Youk 06/01/2006 09:44

Ah ! La gare de Tokyo ! A Tokyo-Station, j'ai rencontré une nénette un jour, une bombe asiatique, brune, chveux longs, fine, pas grande, mais bon, au pieu, je ne te raconte pas...

Comment ? J'ai déjà dit que je n'y étais jamais allé ? Zut, j'ai dû avoir un rêve humide cette nuit alors.

Nipponnement, Youk

Youk 06/01/2006 09:42

L'année prochaine : réveillon méditatif à Taizé.
Amicalement, Youk